Jeudi, 25 Février 2010 00:00
Associations, services publics : on ne lâche rien
Dans quatre ans, en 2014 c'est-à-dire « demain », devrait en principe se mettre en place la grande réforme institutionnelle voulue par le gouvernement actuel : les conseillers généraux et régionaux seront supprimés, et les Français seront appelés à élire quelques dizaines de « conseillers territoriaux » par région siégeant tantôt à l’assemblée départementale, tantôt à l’Assemblée régionale. En outre, les départements et les régions perdraient la « clause de compétence générale » qui leur a permis jusqu’ici d’agir et d’investir dans tous les domaines dont l’Etat se désengageait : les Maisons de santé, la vie culturelle et sportive, la vie sociale, ou les énergies renouvelables…
Même les élus de droite sont inquiets voire atterrés. Ils n’hésitent pas à parler de « réforme absurde », coûteuse et surtout pénalisante pour tout le monde. Quelle mouche a piqué le chef de l’Etat pour se lancer en toute hâte dans une réforme dont ni le coût ni les conséquences n’ont été mesurés ? Il s’agit, une fois de plus, de l’application rigide et bornée de la doctrine de l’Etat minimum chère aux ultras du libéralisme à l’UMP et aux adeptes du chacun pour soi : l’Etat Sarkozy réduit à l’armée, la police, la politique étrangère et la magistrature. Tout le reste, la santé, la culture, les prisons bien sûr, l’eau, les moyens de communication, les piscines, les retraites, la poste, l’éducation, la recherche… tout sera confié au privé et livré aux lois de la concurrence ! Pour ces gens-là, la notion de service public à la française relève simplement de l’erreur historique.
Pourtant, c’est bien grâce à ce système – envié par d’autres pays – que la natalité française loin de s’effondrer comme en Allemagne est la plus dynamique d’Europe.
Les Français ont une autre façon de voir et ils s’y tiennent, et c’est heureux.
C’est au nom de ce libéralisme intégral et proprement « réactionnaire », que l’une des deux têtes de liste UMP proclame haut et fort dans les médias que l’une de ses premières mesures d’élu serait la suppression des 600 emplois associatifs financés par la Région et qui bénéficient aux clubs sportifs, aux structurelles culturelles et environnementales, aux associations d’aide à la population… Tout autant de secteurs indispensables à la vie et à l’animation de nos territoires. Mesure-t-il les conséquences d’un tel abandon ? Sur quelle planète vit-il ?
Tenir bon
Bien au contraire, j’entends continuer d’apporter la meilleure aide possible – au nom de la fameuse « clause de compétence générale » – aux associations qui se dévouent pour que notre région reste dans la course, et pour que chacun puisse, autant que possible, trouver les soutiens adaptés quand il veut s’investir dans un projet. J’entends continuer d’appuyer les efforts des entreprises et des artisans qui veulent innover. J’entends continuer d’accompagner et d’aider les équipes municipales qui se battent au quotidien pour que leur ville, grande ou petite, demeure attractive et porteuse d’emplois.
Quant à l’idée même de « services publics », nous y sommes viscéralement attachés. Ces derniers évoluent et se modernisent, ils s’ajustent aux besoins du présent ; c’est bien ce que nous avons fait en exigeant et en finançant la modernisation des TER ; en « reconstruisant » les lycées là où il le fallait ; en créant le service public de formation professionnelle « Portail » ; en finançant l’Université et la recherche ; en mettant le haut débit internet à portée de tous. C’est le même souci qui nous anime lorsque nous défendons l’hôpital public et l’offre de soin en milieu rural.
Qui peut sérieusement croire un instant qu’un développement durable soit possible dans nos régions à faible densité de population si elles étaient abandonnées à la stricte loi du marché et aux diktats de la mondialisation ?
Il me suffit d’arpenter la région pour avoir la réponse : l’attente est forte, très forte, et toutes étiquettes politiques mises à part, on ne cesse de nous répéter combien l’existence d’une Région à l’écoute et solidaire est importante.
Ce message, cette attente, il faut être sourd, confiné dans sa bulle ou dans un bureau de la Défense à Paris, pour ne pas les entendre. Mon équipe, constituée pour l’essentiel d’élus de proximité, et moi-même nous entendons bien continuer d’y répondre.




