L'occitan, langue régionale

Le Limousin fait partie intégrante de l’espace de langue d’oc, même si le « croissant » linguistique de la Marche (dont le nord de la Haute-Vienne) est une sorte d’entre deux qui ne se marque pas seulement dans la langue.

 

Le « patois » – comme l’appellent avec affection et sans nuance péjorative, tout au contraire, nos concitoyens –, est en fait une langue qui comporte comme toutes les autres des nuances locales. Il se parlait couramment même parmi les jeunes d’une partie de notre territoire il y a trente ans encore, mais il a perdu depuis beaucoup de ses locuteurs. Cependant, des centaines de milliers d’habitants de notre région sont encore capables de le comprendre et surtout d’en apprécier le caractère et les finesses ; des jeunes continuent de présenter l’occitan à titre optionnel au baccalauréat.

Faut-il se résigner à une « disparition » de l’occitan que beaucoup jugent inéluctable à l’heure où les médias centralisateurs sont parvenus à bannir jusqu’au « r » roulé désormais réservé aux ruralités sentimentales des feuilletons télévisuels ? Certainement pas. Car il n’y a pas que la langue : toute une culture, musicale entre autres mais pas seulement, est liée à l’héritage occitan, sans même parler bien sûr du trobar médiéval.

Seules trois des régions les plus au sud ont signé avec le Rectorat une convention Etat-Région sur le développement de la langue régionale, avec des contributions d’importance sans commune mesure entre elles.

S’il y eut beaucoup de réticences à gauche envers l’enseignement des langues régionales, c’est le résultat de notre histoire, la République s’étant bâtie au XXe siècle encore – en Limousin comme ailleurs – en s’opposant à des notables ou des militants passéistes et souvent cléricaux qui faisaient du régionalisme un élément de leur politique conservatrice, opposée à la généralisation d’un enseignement public laïque pour les filles et les garçons.

Les choses ont évolué, à commencer par le domaine musical. Le Conservatoire régional de Musique et Danse de Limoges – dans son appellation antérieure – fut l’un des tout premiers en France à se voir doté dans les années 1980 d’un département Musiques traditionnelles ; son rôle est essentiel dans la collecte, la conservation, la diffusion et la mise en valeur du patrimoine musical populaire et savant.  De même, et à leur échelle, des groupes folkloriques animés par des bénévoles passionnés ont rempli et continuent de remplir un rôle irremplaçable de popularisation, d’animation et d’éducation des jeunes dans les territoires ruraux.

C’est pourquoi le temps est venu pour l’autorité régionale de renforcer la place de l’enseignement de l’occitan en Limousin. La liste Limousin Terre d’Avenir s’engage à mettre en œuvre la procédure qui doit aboutir à la mise au point d’une convention destinée à valoriser l’enseignement de la langue et de la culture régionale.

Concernant l’apprentissage, les Régions considèrent qu’il s’agit avant tout d’une voie de formation quant le gouvernement ne veut en faire qu’une voie de garage pour faire baisser les chiffres du chômage.

Pour les Régions, il importe en premier lieu que nos jeunes sortent du système éducatif avec un diplôme valorisable sur le marché du travail et pouvant servir de base solide à son parcours professionnel ultérieur.

Pleinement compétentes en matière d’apprentissage, les Régions ont vu globalement les effectifs d’apprentis passer de 350 000 à 420 000. En accompagnant ainsi une augmentation de 20% des effectifs d’apprentis, les Régions ont pleinement assumé leur rôle. Elles l’ont fait en respectant un triple objectif :

-         maintenir un équilibre entre voie scolaire et par apprentissage

-         maintenir la qualité des formations proposées, comme en attestent la stabilité des niveaux de réussite aux examens et d’insertion professionnelle

-         adapter l’offre de formation aux besoins réels des entreprises au bénéfice d’une meilleure insertion des jeunes.

Par ailleurs, par leur action de valorisation, elles ont accompagné et provoqué le changement d’image de l’apprentissage qui, même si elle peut encore s’améliorer, passe pour une filière de réussite, si ce n’est d’excellence dans certaines situations. Leur investissement dans la mise en place de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur en est une preuve. Leur refus, globalement, de s’engager dans le dispositif dit de « l’apprentissage junior » en est une autre. Les Régions ont mené un combat dur et efficace contre cette mesure qui ouvrait la voie à de graves dérives d’exploitation des jeunes. Les Régions ont aussi mené au sein du CNFPTLV un autre combat contre le travail de nuit et de week-end des jeunes apprentis.